La mauvaise qualité peut nuire gravement à votre santé !

La mauvaise qualité peut nuire gravement à votre santé

Avant j’étais riche. C’était il y a longtemps, mais je me souviens encore avec émotion de mes visites mensuelles chez le coiffeur, mon abonnement à la salle de sport, mon grand appartement, ma garde-robe de luxe, mes fréquentes sorties au resto, mes vacances aux États-Unis ou ailleurs, mes après-midis à arpenter les boutiques avec la jubilation de celle qui sait qu’elle peut craquer sur tout ce qui lui fait vraiment plaisir. Mais ça, c’était avant.

Et puis j’ai rejoint le monde du spectacle, mes économies ont fondu comme neige au soleil et un jour, il m’est arrivé une chose impensable : je me suis retrouvée à découvert. Où passait donc mon argent ?? J’ai scruté mes comptes, fait des statistiques, établi un budget mensuel pour éviter de perdre le contrôle de mon CCP… Mais ce n’était pas encore assez. Pour m’en sortir, j’ai dû apprendre à dépenser moins et surtout acheter moins cher. Dernièrement, je me suis rendu compte que cette politique avait ses limites et pouvait même s’avérer (très) dangereuse.

Sur quoi j’ai pu rogner ?

Tant que mes revenus n’ont pas atteint le ras des pâquerettes, j’ai pu maintenir une qualité de vie correcte en faisant quelques concessions.

J’ai arrêté les dépenses superflues :

  • manger frais : de toute façon, les boîtes et les surgelés se conservent bien mieux ;
  • les restos avec les copains : de toute façon, le thé est meilleur pour la ligne ;
  • les livres : de toute façon, on en trouve à foison à la bibliothèque ;
  • les sorties au cinoche : de toute façon, les films passeront dans deux ans à la télé ;
  • les achats de vêtements à la mode : de toute façon, ils seront démodés l’année suivante ;
  • les vacances : de toute façon, chaque fois que je pars il tombe des cordes ;
  • le Pass Navigo pour le métro : de toute façon, je ne marche pas assez ;
  • le coiffeur : de toute façon, une paire de ciseaux + deux élastiques et le tour est joué ! J’aborde la question de la couleur des cheveux ici

Et puis :

  • J’ai adopté le premier prix de produits d’hygiène courants comme mouchoirs, disques à démaquiller, etc. sans constater de perte importante de qualité ;
  • J’ai économisé ma garde-robe : elle est toujours nickel 15 ans après, même si plus trop à la page ;
  • J’ai porté mes baskets jusqu’à trouer leur semelle en caoutchouc : ça m’a quand même pris 8 ans ;
  • J’ai attendu que mon téléphone refuse de mettre à jour ses applications pour le remplacer, au lieu de le changer tous les deux ou trois ans ;
  • J’ai attendu que mon ordinateur mette 30 secondes à charger la moindre page web avant d’investir dans un nouveau modèle, etc.

Au final, j’ai constaté qu’avec de la discipline et un petit travail d’enquête, je pouvais économiser beaucoup d’argent : ne plus être riche n’était pas un si grand drame !

Quand acheter pas cher = danger

Il y a quelques années, mes finances ont plongé sous le niveau des pâquerettes et j’ai dû adapter mes dépenses, comme je l’ai raconté dans cet article. Pour limiter les dégâts, je me suis résolue à acheter le moins cher possible. Une stratégie que j’appliquais encore en partie il y a quelques mois. Suite à deux mésaventures arrivées coup sur coup, j’ai préféré arrêter.

1 – La gazinière qui a failli avoir ma peau :

Début janvier, ma gazinière a rendu l’âme après 20 ans de bons et loyaux services. Mes finances étant toujours fragiles, j’ai choisi un nouveau modèle bas de gamme sur un site généraliste réputé pour ses bonnes affaires. Quand elle m’a été livrée, j’ai eu deux désagréables surprises :

  • Le modèle n’était pas celui annoncé sur le site, c’était le modèle en-dessous (oui, il y en avait un !) ;
  • J’étais prête à m’en contenter pour m’éviter les galères d’une réclamation et d’un retour quand j’ai senti une discrète odeur de gaz dans la cuisine. Ayant un côté MacGiver, j’ai mis deux minutes à localiser une fuite au niveau de l’arrivée de gaz, fuite que n’avaient pas remarquée deux livreurs soi-disant qualifiés… Si je m’étais couchée sans m’en rendre compte, vous n’auriez peut-être jamais pu lire le tome 2 de “La rousse qui croyait au père Noël” – je n’en avais écrit que les 2/3 (j’en suis aujourd’hui aux 3/4 !) – ça aurait été ballot…

Après avoir incendié – ça s’imposait ! – le SAV de cette enseigne, il a fallu plus de deux semaines et plusieurs coups de fil payants (près de 30 euros au total) pour qu’un livreur parvienne à récupérer la gazinière défectueuse. J’ai acheté la suivante dans une enseigne spécialisée*, je l’ai payée plus cher et elle a été installée par deux pro. Maintenant, je peux manger chaud, dormir sur mes deux oreilles et continuer à écrire : c’est Byzance !

2 – L’huile pour le corps qui a failli me bousiller la peau :

Deux semaines plus tard, j’ai acheté une huile bio pour le corps. Toujours soucieuse de maîtriser mon budget – la gazinière, c’était sûrement un manque de bol – j’ai pris une marque de distributeur. Je m’en suis largement badigeonnée et me suis retrouvée au bout de quelques jours couverte d’horribles boutons. Après avoir envisagé le pire – cancer ou autre maladie louche  – et avant de courir aux urgences (de toute façon saturées), j’ai suspecté cette huile pour le corps. J’ai investi dans une autre crème bio plus chère. Les boutons ont mis deux mois à disparaître, mais mon obsession pour les premiers prix est partie avec eux. J’ai beau me méfier des soi-disant « signes » – chats noirs, araignées du matin, etc. – j’ai décidé de tenir compte de ces deux-là.

En finir avec le moins cher à tout prix

Avec l’ouverture des marchés – qui exacerbe la concurrence – et cette crise à rallonge, nous avons pris l’habitude d’acheter de moins en moins cher. La qualité des produits baisse constamment. Pour autant les consommateurs occidentaux paraissent incapables d’accepter un juste prix pour garantir la sécurité de leurs achats.

Si vous lisez Vous êtes fous d’avaler ça ! de Christophe Brusset*, vous cesserez – comme moi – de croire que les grandes entreprises ont pour première préoccupation votre intérêt et votre santé. Certaines se contrefichent même de la santé de vos enfants, comme l’a montré la récente affaire du lait contaminé pour bébé. Comment prouver qu’une personne décédée aux urgences a été victime d’un aliment de mauvaise qualité ? Comment prouver que l’incendie d’un immeuble a été causé par une gazinière défectueuse ? Comment prouver que la carrière d’une auteure prometteuse a été interrompue par une gazinière défectueuse ??

Pour ne pas me retrouver victime de produits trafiqués, toxiques ou dangereux, je n’achète plus les premiers prix de produits alimentaires, d’entretien, de beauté, d’hygiène ou d’électroménager. Quand je le fais, c’est toujours après avoir consulté des avis sur internet, examiné à la loupe la liste (généralement illisible) des ingrédients et vérifié, si elle est mentionnée, l’origine du produit. Je préfère acheter moins, acheter sain, peu transformé, écologiquement responsable, privilégier les petits commerçants et rester fidèle à ceux qui semblent aimer leur travail. Si l’entreprise est petite ou moyenne, elle ne propose pas toujours des services à la hauteur des très grandes ni un prix aussi bas, mais je suis au moins certaine que le commerçant sera de bonne volonté, compétent et mon achat à la hauteur de mes attentes.

D’après mes calculs, cette stratégie a augmenté mon budget alimentation + courses en supermarché de 6 % entre 2016 et 2017. Quant au gain de qualité, il est sans comparaison.

Le mauvais rapport qualité-prix coûte cher à tout le monde

Les scandales sanitaires montrent de plus en plus souvent que la course aux bénéfices et la baisse constante de qualité qui en résulte sont de mauvais calculs à long terme pour la collectivité. Quand un produit est de mauvaise qualité, il est susceptible d’engendrer des problèmes de santé. Quand des milliers sont de mauvaise qualité, la probabilité d’avoir des répercussions sur l’organisme devient forte. Or, qui dit problèmes de santé dit :

  • dépenses de santé, parfois exorbitantes ;
  • arrêts de travail ;
  • pertes d’emploi ;
  • baisses de revenus ;
  • conséquences sur le moral des personnes et de leur famille ;
  • décès prématuré dans le pire des cas, qui aura des répercussions graves et durables sur l’ensemble de l’entourage.

Les dépenses de santé creusent le déficit de la sécurité sociale, le chômage creuse celui de l’Unedic, un malade consomme moins – ce qui est mauvais pour la croissance de l’économie – et une personne sans emploi paie moins d’impôts, ce qui nuit aux finances publiques.

Bref, la mauvaise qualité nuit et nuira à tout le monde : nous, nos amis, nos neveux, nos enfants, nos petits-enfants, nos arrière-petits-enfants, nos arrière-arrière-petits-enfants… Alors pensons-y chaque fois que nous sommes tentés par un premier prix et arrêtons d’acheter de la crotte : nos descendants nous remercieront.

En attendant, bonnes emplettes !  🙂

 

 

  • L’enseigne en question est Darty et je ne touche aucune commission pour vous le dire !

  • Je ne touche rien sur le livre de Christophe Brusset non plus…

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