Ma part de colibri pour lutter contre le réchauffement climatique

Pendant longtemps, je me suis dit que le réchauffement climatique n’était pas mon problème. C’était celui :

  • Des gens qui ont des gosses : moi j’en ai pas, et il est peu probable que ça change un jour ;
  • Des États : n’est-ce pas leur boulot de protéger la planète et la population ?
  • Des entreprises : ce sont les plus gros pollueurs et bouffeurs d’énergie, n’est-ce pas ?
  • Des riches : moi qui suis pauvre et consomme très peu, que pouvais-je faire de plus pour réduire mon empreinte carbone et aider la planète ?!

Par ailleurs me disais-je, si la température continue de monter, ça m’arrange, je me pèlerai moins l’hiver à Paris !

Mais quand j’ai commencé à comprendre les implications colossales à court et moyen terme de ce phénomène, quand j’ai vu des gosses faire grève pour que des adultes comme moi se bougent les fesses, quand j’ai commencé à me demander ce que je répondrais à la génération suivante quand elle viendrait m’accabler de reproches, j’ai décidé de suivre l’exemple du colibri et de faire ma part.

Sur YouTube : La légende du colibri

Mes gouttes d’eau pour refroidir la cocotte planétaire

Comme tout artiste maudit, je n’ai guère les moyens de polluer : je n’ai pas de voiture, je pars peu en vacances, je renouvelle rarement mon téléphone et mon électroménager, etc.

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Mais après réflexion, voici ce que j’ai trouvé à faire de plus chaque jour pour économiser l’énergie et réduire mon empreinte environnementale :

  • Je ne m’enferme plus dans le déni. Je m’informe des conséquences nationales et internationales liées au réchauffement climatique, même si ça me fait dresser les cheveux sur la tête ;
  • Je trie consciencieusement mes déchets, même si le concept de poubelle jaune n’est pas encore clair pour tous mes voisins ;
  • J’ai remplacé il y a deux ans toutes mes ampoules classiques par des LED même si ça m’a coûté un bras ;
  • Je ne prends plus de bains, même si c’était un de mes plus grands plaisirs ;
  • J’ai remplacé mes cotons-tiges en plastique par les cotons-tiges en papier compressé ;
  • J’ai remplacé mes produits ménagers polluants par des produits à base de bicarbonate, vinaigre blanc et savon noir. Ils sont tout aussi efficaces ;
  • Je commence à apporter mes boîtes en plastique quand je vais chez les commerçants ;
  • J’achète des aliments frais, et si possible de saison, même s’ils me coûtent plus cher (Ils sont aussi bien meilleurs pour ma santé !) ;
  • Je mange beaucoup moins de viande, et ne m’en porte pas plus mal ;
  • J’achète mes livres en numérique. Pourquoi sacrifier des arbres pour des bouquins que je ne lirai qu’une fois ?
  • J’investis dans de bons basiques plutôt que de chercher à me pavaner dans des fringues tendance qui seront vite démodées.

Et, plus important que tout le reste, je vote pour des gens qui considèrent les problèmes d’écologie et de développement durable comme prioritaires. Pas seulement avant les élections, mais toute l’année…

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C’est tout ce que tu fais pour sauver la planète ??

Il est vrai que certaines personnes – pas tant que ça, n’exagérons rien – font beaucoup plus de choses que moi pour réduire leur empreinte écologique. Elles mangent végan, vivent dans des grottes zéro déchet, sont passées au papier-cul lavable en machine… Je ne mangerai pas végan pour des raisons que j’expliquerai dans un autre article. Je vivrai dans une grotte quand je serai à la retraite (Si je n’écris pas de best-sellers d’ici là, je n’aurai même plus les moyens de me payer une chambre de bonne). Et à défaut de lingettes-cul lavables en machine, je testerai bientôt les lingettes à démaquiller lavables, les couvercles en silicone pour remplacer définitivement le film plastique, et je resterai à l’affût des innovations permettant de remplacer tout ce qui pollue actuellement sans être recyclable.

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Être écolo peut être économique

Si je ne peux pas évaluer l’impact de la plupart de mes actions, mes économies d’énergie ont été faciles à quantifier via les sites de mes fournisseurs. Entre 2017 et 2019, j’ai réussi à réduire ma consommation de gaz d’environ 15 % et celle d’électricité de… 33 % !! Cette dernière très certainement grâce aux LED. L’abonnement électrique et les taxes représentant plus de la moitié de la facture, je n’ai pas encore récupéré l’argent des LED, mais ce devrait être le cas cette année. Comme ces ampoules sont réputées durer vingt ans, ce petit geste pour la planète sera vite très rentable pour moi !

Le renard, la cigogne et les ampoules LED

À propos de LED, j’en ai une bien bonne à vous raconter. Fin 2017, un de mes fournisseurs d’énergie m’envoie une belle boîte d’ampoules dans le cadre de la loi sur la transition énergétique de 2015. Cette loi accorde des bons points aux entreprises qui aident leurs clients à réduire leur consommation d’énergie.

Arrivée chez moi – ravie de ce cadeau qui va me permettre de faire des économies d’énergie et des économies tout court – j’ouvre la boîte : elle contenait six ampoules à gros culot à vis de 100 Watts. Ah… Je fais le tour de mon studio : sur les huit ampoules que je compte, une seule avait un gros culot à vis ! Chacune de ces superbes ampoules pouvant durer 20 ans, je vais pouvoir éclairer ma minuscule cuisine comme en plein jour pendant encore… 118 ans.

Dépitée comme la cigogne de la fable devant le repas offert par son compère le renard, j’ai soigneusement rangé les cinq LED restantes. Puis, la tête basse et remplie de noms d’oiseaux adressés à mon stupide fournisseur d’énergie, je suis allée acheter des LED adaptées pour mes autres ampoules.

Sur YouTube : Le Renard et la Cigogne, de Jean de La Fontaine

Si toutes nos entreprises font preuve d’aussi peu de jugeotte que ce fournisseur d’énergie, dont je tairai le nom par charité, la France n’est pas près d’atteindre ses objectifs en termes d’empreinte environnementale…

Que faire pour que les entreprises françaises deviennent d'héroïques protectrices de l'environnement ?

L’État français a déjà mis en place de nombreuses mesures pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre du pays et limiter l’impact de l’activité économique sur l’environnement. Cependant « pollution », « empreinte carbone » et « réchauffement climatique » sont des mots compliqués, que la plupart des chefs d’entreprise ont du mal à comprendre. Pour les inciter à se pencher davantage sur ces sujets si importants pour la collectivité, il n’y a à ma connaissance qu’une solution : leur parler du mot qu’ils comprennent le mieux : « pognon ». Je propose donc deux mesures supplémentaires :

  • Plutôt que de baisser l’impôt sur les grosses sociétés – comme c’est actuellement prévu -, le moduler pour toutes les entreprises en fonction du niveau de pollution généré par leur activité. En imposant plus lourdement les bénéfices des entreprises polluantes, l’État encouragerait les pollueurs à revoir fissa leurs pratiques. Il inciterait aussi les investisseurs à soutenir des secteurs et des initiatives éco-responsables ;
  • Augmenter massivement la TVA des produits polluants qui peuvent être facilement remplacés par des produits verts (plutôt que de baisser la TVA des produits verts, ce qui coûterait des sous à notre pauvre État endetté). Cette mesure inciterait les clients à acheter des produits non polluants et pousserait les entreprises à verdir la composition de leur camelote. Elle donnerait aussi des moyens supplémentaires au pays pour lutter contre la pollution.

Et si j’ai toujours pas envie de me casser la tête avec l'écologie ?

Quand je vois le nombre de gens qui ne bougent pas le petit doigt pour réduire leur empreinte carbone alors que leurs mômes seront les premiers à subir les conséquences du réchauffement climatique, il m’arrive de me demander pourquoi je me prends la tête avec ça. J’ai des problèmes plus urgents à gérer !

Si c’est aussi ce que vous vous dites, envisagez quand même une possibilité : celle que l’être humain se réincarne effectivement après sa mort, et que vous viviez votre prochaine vie et toutes les suivantes dans un monde dévasté par le réchauffement planétaire. À moins d’être fan de romans post-apocalyptiques, vous risquez de passer l’éternité à maudire ces imbéciles du XXIe siècle qui n’auront rien fait pour sauvegarder la planète tant que c’était encore possible….

Ted Talk de Greta Thunberg (11 mn) : The disarming case to act right now on climate change (sous-titré en français)

Cet article a 3 commentaires

  1. degryse

    Belle analyse percutante sur le sujet ponctuée d’humour non dénué d’intérêt ! Bravo pour le message que je partage.

  2. Catarina Viti

    Oui, quoi qu’il en soit réellement et quoi qu’il arrive ensuite, un fait est absolument certain et je pense que c’est celui qui doit centraliser nos questionnements : le mode de vie cautionné et encouragé depuis quelques décennies (oui juste quelques années) est-il valide ?
    Evidemment, la réponse est non.
    Dans toute crise, toute catastrophe il y a quelque chose à apprendre.
    Nous devons penser à vivre beaucoup plus simplement en réfléchissant à la véritable valeur des choses.
    Je ne demande à personne de le faire à ma place, c’est le choix pour lequel j’ai opté depuis une 20aine d’années.
    Cela demande de renoncer à beaucoup de choses matérielles (comme les objets et les habitudes de vie) et immatérielles (comme la place dans la société). Mais au final, on gagne. Oui on gagne sur tous les tableaux. ^
    Alors, à côté des futures souffrances -que nous ne vivrons peut-être pas, d’autres y auront droit avant nous, hélas toujours les mêmes-, il faut construire le bonheur présent.

  3. Philiberte

    Bonjour, Depuis que je suis adulte et indépendante(plus de 50 ans!), j’applique le mode de vie inculqué par mes grands-parents, qui m’ont élevée. L’économie (qualifiée de radinerie par les têtes folles) est le premier principe à appliquer pour sauver la planète. On use tous les produits, vêtements, vaisselle, appareils, au maximum. On “finit” nos assiettes.
    Récemment, j’ai découvert que je gaspille 5 litres d’eau seulement en me lavant les cheveux, en attendant d’avoir l’eau chaude. Je récupère ces litres pour arroser mes plantes. De même, mon chauffe-eau verse le trop-plein directement dans l’égout. Je vais faire installer un système pour que cette eau soit déversée dans une cuve.

    Et… si on arrêtait de couper les arbres, qui fournissent l’oxygène et absorbent le CO2, et qui “boivent” l’eau de pluie? Si on arrêtait de goudronner la moindre cour, ce qui permettrait à la terre d’absorber l’eau de pluie et éviterait d’avoir ces inondations spectaculaires? Tant de choses que l’on fait, et qu’on pourrait éviter!

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