Saint-Valentin : 1+1 n’est pas toujours supérieur à 2

Pendant longtemps, la Saint-Valentin a été synonyme pour moi de mauvais moment à passer. Cette fête me rappelait perfidement chaque 14 février que je n’avais pas réalisé le plus grand rêve de ma vie : trouver l’homme de ma vie, sans qui il m’était impossible d’être heureuse et épanouie, sans qui ma vie n’avait pas de sens, sans qui je ne pouvais pas faire d’enfant et donc sans qui ma vie serait forcément un épouvantable fiasco… Observer les conflits, les frustrations, les compromis, les renoncements des couples qui se faisaient et défaisaient autour de moi ne me consolait pas. D’ailleurs, les couples incapables de s’entendre sur grand-chose étaient au moins d’accord sur une seule : ils étaient bien plus heureux à deux que moi toute seule. Et même quand un conjoint déprimé s’avisait d’envier mon célibat, cette folle pensée ne subsistait pas longtemps. Avec le recul, j’ai pourtant été obligée de constater(…)

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Quand tu ne comprends plus rien, écoute l’univers !

Déjà quelques dizaines d’années que je fréquente cette planète et j’ai toujours beaucoup de mal à comprendre comment elle fonctionne et – surtout – ce que je suis venue y faire. À défaut de trouver un sens au destin humain, je m’intéresse de temps en temps aux étoiles et à l’infiniment grand. Car j’ai le sentiment que l’univers a pas mal de points communs avec nous. Les corps célestes ne sont pas très différents de nous Sans rentrer dans des détails de spécialistes, nous savons tous que le ciel est – entre autres – habité par les individus suivants : Des étoiles fixes : nous en avons aussi. Certaines sont mortes depuis très longtemps et nous percevons toujours leur lumière et leur chaleur ; Des comètes ou étoiles filantes : nous en avons encore plus. Elles brillent très fort quelques années, puis retournent dans le néant de l’histoire humaine ; Des planètes : chacun de nous(…)

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La barbe des barbes !

Pendant très longtemps, la seule barbe à des kilomètres à la ronde a été celle de mon Papa. Quand j’apercevais au loin la silhouette d’un grand brun barbu à lunettes, je n’hésitais pas à courir vers lui car ce ne pouvait être que mon Papa. Jusqu’au jour où j’ai couru vers un grand brun barbu à lunettes et me suis retrouvée bête : ce n’était pas mon Papa. Depuis quelques années, je fais très attention avant de prendre mon élan car il y a des grands bruns barbus à lunettes à tous les coins de rue. Qu’est-ce qu’ils ont tous avec leur barbe ? Devant cette épidémie de barbes sur le territoire national, je n’ai pu m’empêcher de me demander : mais d’où vient-elle ? Pas du réchauffement climatique, bien qu’il semble exister une certaine corrélation entre la hausse des températures et la longueur des barbes. Pas de mon Papa non plus, qui est(…)

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J’assume pas mes cheveux blancs et je l’assume

Depuis quelque temps, sous prétexte de libérer les femmes de rituels de beauté chronophages, quelques célébrités se mobilisent en vue d’inciter leurs sœurs à sauvegarder une espèce de poils mal aimée : le cheveu blanc. Finie la tyrannie de la racine. Exit les couleurs improbables et les produits agressifs pour le cuir chevelu. Vive le naturel et l’authenticité de la femme mûre débarrassée de ses artifices ! Séduisant, pas vrai ? Le cheveu blanc n’attend pas le nombre des années Problème : on peut avoir des cheveux blancs ou gris bien avant d’être « mûre ». Je m’en suis aperçu quand j’ai vu émerger dès 30 ans les premiers traîtres dans ma chevelure. À l’époque, je ne me suis pas posé de question philosophique : j’ai foncé chez le premier coiffeur pour mettre fin à cette ignominie. J’étais loin d’être assez sage pour exhiber ces marques de « vénérabilité » (un mot à proposer à l’Académie), qui arrivaient très précocement(…)

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Je ne suis pas un exemple ? Tant mieux !

Jusque vers trente ans, quelques personnes m’ont considérée comme une sorte d’exemple. J’avais décroché – non sans mal – des diplômes respectables, puis obtenu un poste valorisant dans une grande entreprise. On rapportait mes exploits à ses enfants en concluant : sois sage, fais bien tes devoirs et un jour tu réussiras aussi bien que ta sœur, ta cousine, ta copine. C’était flatteur pour moi et chiant pour les autres mais, à l’époque, je ne m’en rendais pas compte. Il y a une quinzaine d’années, j’ai quitté les voies exemplaires du jeune cadre dynamique pour emprunter celles plus hasardeuses de la vie d’artiste et plus personne n’a – je crois – songé à me citer en exemple. Tu n’es plus un exemple ! Je ne me formalisais pas d’avoir perdu mon piédestal jusqu’à ce qu’une personne m’accuse de ne plus être un exemple pour elle. Sa déception était manifeste et sur(…)

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J’écris donc je suis… mais qui ?

J’ai dû commencer à me demander qui j’étais en arrivant en sixième. Un jour, des copains se sont moqués de moi parce que je me tenais trop droite pour manger. Je n’avais jamais remarqué cette particularité. Mais comme j’avais à cœur de m’intégrer, j’ai travaillé une posture plus décontractée. Puis j’ai délaissé mes vêtements de gamine bien élevée pour l’uniforme jean-baskets-sac US. Puis j’ai appris à dire « putain » à la place de toutes les virgules, habitude dont j’ai mis des années à me défaire… Mais au fait, j’étais qui ? Par la suite, j’ai testé divers looks du plus décontracté au plus chic. Aucun ne me satisfaisait vraiment mais, une chose est sûre, chacun donnait de moi une image différente. Pas toujours flatteuse, il faut bien le reconnaître. Belle idiote si je jouais sur ma féminité, intello coincée si j’optais pour un look plus sage. Je désespérais de trouver mon style, mais(…)

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