« C’est moi La rousse ! »

 J’ai eu la chance de grandir dans un appartement rempli de livres. Gamine, j’adorais explorer le rayon jeunesse des librairies, dénicher les nouvelles aventures d’Alice, du Club des Cinq, de Fantômette, des Conquérants de l’impossible, etc.  Mon rêve à l’époque, c’était : devenir journaliste ! Pourquoi journaliste ? Aucune idée. Sans doute parce que j’aimais lire et écrire, que je ne me voyais pas prof de français et que je n’osais pas m’imaginer romancière. J’ai créé mon premier journal à l’école primaire, baptisé « La gazette de petit village ». Je l’écrivais soigneusement à la main sur du papier carbone et mon père le dupliquait ensuite à la ronéo, l’ancêtre de la photocopieuse. J’ai poursuivi l’aventure au collège, lançant successivement deux journaux avec le soutien des profs : Eurêka et Clin d’œil. Aucun n’a dépassé le 4ème numéro et ma carrière de journaliste a pris fin avant mes quinze ans. L’année suivante, je suis entrée au lycée(…)

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Premier chapitre de « La rousse qui croyait au père Noël » : Flamme

Je suis une célibataire française du XXIe siècle. Rousse. Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne me drogue pas, j’évite le soleil à cause de mon teint cachet d’aspirine et par peur du vieillissement. Je ne suis pas du matin, pas du soir non plus. Je suis opérationnelle entre onze heures et vingt-deux heures trente. Avant je ne suis pas réveillée, après je dors, au milieu je rêve. Je m’appelle Flamme. Je suis abstinente depuis dix ans. Pas par choix ou vocation, c’est comme ça. Seul choix que j’ai réellement fait après quelques relations sentimentales désastreuses : vivre seule plutôt que mal accompagnée, arrêter le sexe pour ne plus faire l’amour qu’avec un grand A. C’était ambitieux et romantique… Si, par un concours de circonstances que je n’arrive pas vraiment à imaginer, un homme se retrouvait ce soir dans mon lit, je ne saurais plus quoi faire avec lui. Et(…)

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Il faut te remplumer !

Pendant quasiment toute ma vie, je me suis trouvée trop grosse. Pas beaucoup trop, non, mais j’avais toujours le sentiment qu’avec deux ou trois kilos de moins, ma silhouette serait bien plus harmonieuse. Autour de moi, tout le monde avait l’habitude de s’observer le tour de hanches à longueur d’année et de se pincer le gras de la cuisse pour évaluer l’épaisseur de la peau d’orange, chose que je faisais aussi consciencieusement. Au final j’oscillais généralement entre un 38 bien rempli et un 40, pour un bon mètre soixante-dix. Ma première expérience de la taille 36, je la dois à une histoire de cœur bien foireuse. Elle m’a coupé le sommeil et l’appétit pendant des mois, ce que je ne croyais possible que dans les romans à l’eau de rose. Comme je suis d’un tempérament plutôt optimiste et que j’aime les bonnes choses, j’ai vite repris mes kilos. Je suis(…)

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