Pourquoi j’ai arrêté les voeux du nouvel an ?

Pourquoi j'ai arrêté les voeux du nouvel an ?

 Avant l’invention d’internet et des téléphones portables, je ne souhaitais la bonne année qu’à ma famille et aux personnes proches ou moins proches que je croisais pendant le mois de janvier :

– Bonjour, bonne année !

En fonction de l’âge de l’interlocuteur, j’ajoutais :

– Et surtout, bonne santé !

Ou :

– Bonheur et prospérité !

Lire aussi : Comment (re)donner du sens à sa vie

Avec internet et l’échange quasi-systématique des mails, la cérémonie des vœux du nouvel an est devenue plus élaborée car j’envoyais désormais mes vœux à toute une mailing list de plus ou moins potes. Je me triturais les méninges chaque début d’année pour pondre des vœux positifs, enjoués, pleins d’énergie et de confiance en l’avenir. Et tant pis si l’année qui venait de s’achever n’avait pas apporté beaucoup de bonheur ou de prospérité ; j’étais toujours convaincue que l’année suivante, ce serait vachement mieux !

Les objectifs de début d'année

J’avais aussi l’habitude de me fixer deux ou trois objectifs professionnels en début d’année, du style :

  • terminer mon premier roman ;
  • tourner un rôle payé pour le cinéma ou la télé ;
  • faire faire une démo de comédienne ;
  • trouver un top éditeur pour booster ma carrière d’auteur ;
  • écrire mon premier court-métrage ;
  • reprendre l’anglais ;
  • rester jeune et sublime ;
  • devenir riche et adulée des foules ;
  • rencontrer un prince charmant riche et adulé des foules ;
  • etc.

S’il était rare que j’atteigne mes objectifs au cours de l’année – les ayant bien sûr oubliés dès le mois de février – je ne renonçais pas pour autant à cette liste annuelle, qui me rappelait tous les ans ce que je devais faire pour avancer.

Lire aussi : Glander nuit gravement à votre avenir

Mes plus beaux vœux datent de janvier 2009. L’année 2008 avait été assez bonne à plus d’un titre et j’abordais la nouvelle année avec une patate d’enfer, convaincue que la chance était en train de tourner. J’avais des projets plein ma valise, de l’énergie à revendre et l’année à venir ne pourrait m’apporter qu’amour, gloire et prospérité…

Pourquoi j'ai arrêté les voeux du nouvel an

Finalement, l’année 2009 s’est avérée pour moi la pire de la décennie. Au 1er janvier 2010, cette tradition des vœux m’a paru tellement vaine et vide de sens que je n’ai pu me résoudre à m’y plier. Je me suis contentée de répondre à ceux qui m’envoyaient leurs vœux de façon personnalisée. À quoi bon envoyer les miens à des personnes qui étaient peut-être dans une situation difficile et auraient préféré que je leur demande  comment ils allaient.

Lire aussi : Notre univers personnel est aussi en expansion

N’ayant pas envie de déprimer mes potes avec le récit de mon année catastrophique dès le 1er janvier, je me suis abstenue de demander de leurs nouvelles de peur qu’ils me demandent gentiment des miennes en retour. Et comme les années suivantes ont été à peine meilleures, j’ai renoncé à l’exercice des vœux du nouvel an. Quant aux objectifs de début d’année, à force de devoir les reporter d’année en année qu’ils dépendent ou non de moi, j’ai fini par y renoncer également.

Lire aussi : Je ne suis pas un exemple, tant mieux !

Pourquoi j'avance quand même

N’ayant pas fixé d’objectifs en janvier 2015, je ne peux pas savoir si je mérite ou pas quelques bons points en ce début 2016. Alors au lieu de faire le bilan de l’année écoulée, je me suis demandé si j’avais au moins atteint quelques uns des objectifs que je m’étais fixés depuis mon arrivée dans le monde du spectacle en 2003 :

  • tourner un rôle payé pour le cinéma ou la télé : fait il y a déjà pas mal d’années. J’en ai tourné plusieurs  ;
  • reprendre l’anglais : fait à plusieurs occasions ;
  • terminer mon roman : fait ;
  • trouver un éditeur : pas fait, ce qui me permet aujourd’hui de faire partie des pionniers de l’autoédition, le Far West de la littérature ;
  • faire faire une démo de comédienne : n’ayant pu trouver de bonne âme pour la monter, j’ai pris le parti de me former sur la question et de faire le montage moi-même ;
  • écrire mon premier court-métrage : fait, même s’il m’a fallu 4 ans pour le terminer. Portée par mon élan, j’en ai même écrits quatre.
  • rester jeune et sublime : (presque) fait.
  • devenir riche et adulée des foules : pas (encore) fait, à reporter.

Quant à la rencontre du prince charmant, j’ai fini par comprendre qu’elle dépendait plus du hasard que de moi, aussi ai-je cessé au bout d’une vingtaine d’années de l’inclure dans ma liste.

Lire aussi : Saint-Valentin : 1+1 n’est pas toujours supérieur à 2

La conclusion de tout ça c’est que, contrairement à ce qu’il m’arrive de penser, j’avance. Mes progrès sont laborieux, rarement à la hauteur de mes ambitions et d’une lenteur désespérante mais ils sont réels.

Mes pseudo-voeux pour 2016

Je ne sais pas si l’année 2016 sera bonne ou pas, si elle apportera la santé, le bonheur ou la prospérité. Peut-être, peut-être pas. Mais quand bien même elle n’apporterait rien de tout cela, une chose reste certaine : l’année 2016 fait 366 jours. Alors voilà ce que je vous souhaite pour les 361 jours à venir :

  1. je vous souhaite de trouver l’activité qui vous fait vibrer ;
  2. je vous souhaite de trouver un objectif (pas forcément raisonnable) à réaliser ;
  3. je vous souhaite de pouvoir y consacrer un peu de temps chaque jour.

Et dans quelques années, quand vous vous approcherez de votre objectif, peut-être trouverez-vous le bonheur et la prospérité auxquels vous aspirez et, comme dans les contes de fées, ils dureront jusqu’à la fin des temps… En attendant :

2016, c’est parti !

Laisser un commentaire