Notre univers personnel est aussi en expansion

le-blog-de-suzanneCertains d’entre vous ont sans doute entendu parler de l’expansion de l’univers. Ce phénomène, causé par le gonflement de l’univers, engendre un éloignement des galaxies les unes des autres. Nous n’en avons pas conscience, mais les étoiles que nous observons dans le ciel s’éloignent de nous petit à petit, mais aussi de plus en plus vite. Il m’est récemment venu à l’esprit que notre univers personnel est lui aussi en expansion.

Quand j’étais enfant, l’univers me semblait petit, dense et chaleureux. Il se composait de mes parents jeunes et dynamiques, de ma frangine adorée, de mes généreux grands-parents, d’un paquet d’oncles et tantes plus sympas les uns que les autres et de quelques cousins espiègles avec qui faire de passionnantes âneries.

En grandissant, je me suis aventurée hors du cocon familial avec mes copains pour explorer les villages environnants, heureuse d’aller toujours plus loin sur mon vélo… mais aussi de réintégrer mon petit univers familial en fin de journée. J’ai compris que le monde était en réalité très vaste et j’ai trouvé ça génial.

À 18 ans j’ai quitté ma banlieue pour vivre et étudier à Paris, ne rentrant à la maison que le week-end. Quand j’ai commencé à travailler en province, mes visites au domicile familial se sont espacées et à la maison ne voulait déjà plus dire chez mes parents. J’ai dû créer un nouvel univers autour de moi qui se résumait à mon appartement, ma région d’adoption, mes amis et mes collègues de travail. La famille était bien sûr toujours présente – merci le téléphone – mais j’avais le désagréable sentiment que nos liens commençaient à s’étirer comme du chewing-gum.

Vingt ans plus tard, je réalise que cet éloignement est aussi inéluctable que l’expansion de l’univers. Nous naissons dans une petite galaxie familiale, en devenant adulte nous nous en éloignons pour créer notre propre galaxie. Celle-ci part ensuite vivre sa vie, même si elle reste généralement en communication avec les membres de sa galaxie d’origine pendant une ou deux générations. Au maximum. Pour s’en convaincre, il suffit d’examiner notre arbre généalogique.

Que savons-nous au juste de la vie de nos ancêtres ? Pour beaucoup d’entre nous, l’histoire de nos arrière-grands-parents se résume à un métier, quelques dates (naissance, mariage, naissance des enfants, mort) parfois une ou deux photos passées. Quant aux descendants de leurs enfants, de leurs frères et sœurs, sans parler de ceux de leurs oncles et tantes, ils ne font plus partie de notre entourage depuis longtemps. Nos arrière-grands-parents sont morts il y a moins d’un siècle et nous ne connaissons déjà plus l’histoire de leur vie ni celle de leur famille.

Sans remonter aux calendes, nous pouvons simplement jeter un regard en arrière et faire le compte des collègues, connaissances, amis, voire membres de notre propre famille que nous avons perdus de vue au cours du temps ou pas vus depuis des années. Petit à petit, notre monde s’est éloigné du leur. Certains habitent dans notre ville ou à quelques dizaines de kilomètres, d’autres font partie de nos amis sur Facebook, quelques uns nous envoient encore un mail pour le nouvel an ou pour notre anniversaire. Pourtant ils sont peut-être déjà sortis de notre galaxie. Ou peut-être pas.

Pendant longtemps, j’ai voulu retenir toutes les personnes pour qui j’éprouvais de l’affection, celles avec qui j’avais partagé de beaux moments, vécu de chouettes aventures. Je voulais que nous restions tous dans le même espace, une petite galaxie qui aurait grandi en accueillant de plus en plus de monde. Aujourd’hui, je m’aperçois que chacun d’entre nous a besoin d’énormément de place pour s’épanouir. Chacun a besoin de bâtir sa propre galaxie et de choisir vers quel coin de l’univers elle se dirigera pour essaimer à son tour.

Je m’aperçois aussi que nous sommes finalement importants pour un nombre réduit de personnes – notre famille proche, quelques amis – qu’il faut veiller à ne pas laisser disparaître de notre vie. Car ils nous aident à construire notre propre galaxie, lui donnent du sens et la réchauffent de leur présence même un peu lointaine.

Au cours de ma vie, j’ai changé plusieurs fois de formation puis de métier. J’ai fréquenté plusieurs univers qui ne me convenaient pas ; je les ai quittés pour en explorer d’autres. J’ai rencontré, apprécié puis perdu de nombreuses connaissances qui m’ont beaucoup appris. J’ai construit et je continue de construire ma petite galaxie, en poursuivant ma passionnante exploration de l’univers.

Depuis mon arrivée dans l’autoédition par exemple, j’ai découvert de nombreux auteur(e)s, blogueuses et blogueurs. Certains vivent en région parisienne, d’autres en province ou à l’étranger. Pourtant nous habitons tous dans la même région de l’univers, celle qui enfante des histoires et des articles pour en parler. Cette belle région fait partie de l’univers des arts. Un univers lui aussi en expansion dont la vocation est de contribuer à l’épanouissement des esprits : n’hésitez pas à nous rendre visite !

Que vous soyez lecteur, spectateur, amateur ou simple curieux, nous aurons toujours un tas d’histoires à partager avec vous. Elles raconteront le passé, le présent ou l’avenir ; elles se passeront dans votre ville, à l’autre bout de la Terre ou dans un monde qui n’existe pas. Mais quelle que soit la vitesse à laquelle votre galaxie s’éloigne des autres du fait de l’expansion de l’univers, il y aura toujours un auteur pour vous tenir au courant de ce qui se passe ailleurs. Et si vous craignez que votre propre histoire jamais consignée ne soit totalement oubliée un jour, peut-être vous apercevrez-vous que certains personnages de films ou de livres – même très anciens – l’ont finalement déjà en partie racontée.

 

Laisser un commentaire