Couple : 1+1 n’est pas toujours supérieur à 2

Couple : 1 + 1 n'est pas toujours supérieur à 2 !

Pendant longtemps, la Saint-Valentin a été synonyme pour moi de mauvais moment à passer. Cette fête me rappelait perfidement chaque 14 février que je n’avais pas réalisé le plus grand rêve de ma vie : trouver l’homme de ma vie, sans qui il m’était impossible d’être heureuse et épanouie, sans qui ma vie n’avait pas de sens, sans qui je ne pouvais pas faire d’enfant et donc sans qui ma vie serait forcément un épouvantable fiasco…

Observer les conflits, les frustrations, les compromis, les renoncements des couples qui se faisaient et défaisaient autour de moi ne me consolait pas. D’ailleurs, les couples incapables de s’entendre sur grand-chose étaient au moins d’accord sur une seule : ils étaient bien plus heureux à deux que moi toute seule. Et même quand un conjoint déprimé s’avisait d’envier mon célibat, cette folle pensée ne subsistait pas longtemps.

Avec le recul, j’ai pourtant été obligée de constater que vivre en couple ne m’a pas fait avancer d’un iota ni n’a donné de sens suffisant à ma vie.

Il était une fois, un couple idéal…

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je n’ai pas toujours été célibataire. Entre 20 et 30 ans, j’ai même passé pas mal d’années (bien) accompagnée, partage de toit, partage d’amis, de familles… un vrai couple quoi ! Mieux que ça, j’avais un conjoint que tout le monde appréciait – même mon père – avec qui je m’entendais très bien, je me disputais rarement ou pour des motifs oiseux – genre la politique – bref le couple idéal.

Seul problème : au bout de quelques années j’ai commencé à déprimer. Je n’avais pas d’activité constructive à part user mes jeans sur les bancs des écoles et universités, pas de projet enthousiasmant à part la prochaine raclette chez les copains, pas d’envies à part m’empiffrer au resto aux frais de ma moitié ou aller voir le nouveau film génial au ciné et aucune ambition d’aucune sorte. J’étais sur le point de sécher irrémédiablement sur l’orbite de mon étoile, quand une grosse météorite s’est chargée de me propulser hors de ma zone de (trop grand) confort…

Il était une fois, une résurrection

Quitter mes charentaises de jeune moitié a été violent. Je n’avais jamais appris à vivre seule et, ne nous leurrons pas, c’est un apprentissage long et difficile. Pourtant, cette liberté retrouvée a eu à long terme des effets très positifs :

  • J’ai pris le temps de m’intéresser à de nombreux sujets, ce qui a beaucoup enrichi ma culture générale.
  • J’ai appris à prendre mes décisions et à me forger une opinion seule. On ne pense pas de la même façon quand on ne doit demander l’avis de personne et quand personne ne nous donne un avis qu’on n’a pas demandé. Les articles de ce blog en sont l’illustration même si, du coup, il m’arrive de planer un peu… 🙂
  • J’ai osé prendre le risque de quitter un emploi stable pour travailler dans le cinéma. Or, je ne l’aurais pas fait si j’étais restée avec ma moitié d’alors. Par conformisme ou pour ne pas risquer de vivre la plupart du temps à ses crochets.
  • J’ai pu consacrer l’essentiel de mon temps libre à mes projets d’écriture, une activité très chronophage. Si j’étais restée en couple je n’aurais pas eu le courage, le temps et la disponibilité d’esprit pour me former, mener mes projets à bien, les autoéditer, créer un blog, etc.

Lire aussi : J’écris donc je suis… mais qui ?

  • Mes métiers de comédienne anonyme et d’apprentie-auteure me plaisent et j’ai trouvé du sens à ma vie sans avoir besoin d’un homme sur qui m’appuyer. (Sans avoir besoin d’enfant non plus, j’en reparlerai à l’occasion d’un autre article.) Pourquoi c’est positif ? Parce que je n’ai pas besoin du prince charmant pour réaliser mes rêves et que je pourrai lui filer un coup de main pour réaliser les siens. Le jour où il voudra bien se pointer…
  • En bref, j’ai réussi à réaliser quelques rêves. J’en ai encore pas mal dans ma caboche, mais je suis d’ores et déjà certaine de ne pas faire partie des 9 personnes sur 10 qui regretteront la veille de leur mort – c’est gai… – de ne pas avoir vécu leur vie comme ils le souhaitaient.

Lire sur internet : Les 5 plus grands regrets des gens sur leur lit de mort

Au final, ces années de célibat m’ont appris que le couple ou le mariage ne sont pas des conditions nécessaires ni suffisantes pour réussir sa vie. Pourquoi alors tant de gens continuent-ils de le prétendre ? Par conformisme, manque d’imagination ? Peut-être parce que l’amour reste une des expériences les plus exaltantes qu’un être humain puisse connaître.

Lire aussi : Les comédies romantiques nuisent-elles à notre vie sentimentale ?

Pourquoi 1 + 1 est souvent < 2 dans le couple ?

Comme je suis d’un tempérament romantique, m’apercevoir que l’amour pouvait m’empêcher d’avancer a été une cruelle déconvenue. Pourquoi un célibataire irait-il plus vite et même plus loin que la plupart des individus en couple ? C’est nul ! Personne ne parle de ce redoutable effet collatéral dans les contes de fées !! Là encore, il suffit de s’intéresser aux sciences physiques et sociales pour le comprendre.

  • Côté psychologie sociale : on apprend que l’énergie de deux atomes liés est inférieure à la somme des énergies des deux atomes séparés. Pourquoi ? Parce que chaque atome consacre une partie de son énergie individuelle au maintien de la liaison. Phénomène illustré par la célèbre citation de Sacha Guitry : « La mariage permet de résoudre à deux les problèmes qu’on n’aurait pas eus tout seul ». Pas besoin d’être Einstein pour remarquer que de nombreux couples dépensent une part colossale de leur énergie à maintenir une relation instable via disputes, bouderies, discussions stériles, luttes de pouvoir, etc. Comment s’étonner alors qu’il ne reste plus de force à chacun pour envisager un projet personnel ou plus de temps pour le mettre en œuvre ?
  • Côté psychologie sociale : on apprend qu’un groupe est toujours plus prudent, conformiste que la somme de ses membres. Il est aussi moins intelligent et responsable. Rien d’étonnant alors que certains de nos amis abandonnent tout rêve et toute audace après avoir rencontré l’amour…

Si je trouve l’amour, ma vie est foutue ??

Je vois d’ici vos petites mines désappointées et je vais être honnête : je n’en sais rien. Je suis bien placée pour savoir que vivre uniquement avec soi-même pompe énormément d’énergie. J’ai souvent regretté de ne pas avoir à disposition un homme plein de vigueur pour m’en filer un peu à l’occasion. Malheureusement, chaque fois que j’en ai approché un qui semblait prometteur, il m’a aspiré tant de force que j’ai préféré prendre la poudre d’escampette. En fin de compte, quand vous êtes en couple il y a deux possibilités :

  1. vous avez plus d’énergie, de projets, de rêves, d’ambition et d’activités que quand vous êtes seul(e) : c’est sans doute, veinard(e), que vous êtes tombé(e) sur le bon numéro !
  2. vous avez renoncé à bâtir des châteaux en Espagne pour vous enfermer dans le cocon du train-train quotidien avec votre conjoint et vous vous demandez où est passée la personne audacieuse que vous étiez : c’est le signe que votre couple vous pompe plus d’énergie qu’il ne vous en donne et que vous êtes en train de vous étioler. Au mieux vous trouverez un jour un partenaire qui vous permettra de relancer la machine à rêves ; au pire vous vous demanderez le jour de votre mort pourquoi vous vous êtes embourbée avec celui-ci pendant cinquante ans alors qu’il y avait tant d’autres hommes (femmes) sur la planète.

Je suis célibataire pour la Saint-Valentin, c’est cool alors ?

Ouaiiis, c’est super cooool. D’ailleurs, la Saint-Valentin se ringardise à mort. La preuve, mon article 2017 sur la Saint-Valentin enregistre le plus faible nombre de vues depuis la création du blog : tout le monde s’en est fichu royalement !

  • Si vous passez quand même sur cet article et que vous faites partie des couples “1+1>2”, j’en profite pour vous souhaiter une belle fête des amoureux ;
  • Si vous faites partie des couples “1+1<2”, je vous souhaite plutôt bonne chance pour l’avenir et d’inverser un jour le sens de l’équation avec votre conjoint ou un autre. Qui sait ? Votre actuel(le) possède peut-être des ressources inexploitées ;
  • Et si vous avez encore la chance d’être célibataire, profitez-en pour commencer à réaliser vos rêves dès aujourd’hui. Quand ils seront bien avancés, vous n’aurez plus à craindre de les perdre de vue en rencontrant votre moitié et vous aurez peut-être même deux fois plus d’énergie à leur consacrer !

Lire aussi : Quand la Saint-Valentin n’est pas rose

Un Commentaire

  1. Retour PingPourquoi on fuit quand on nous court après ? ⋆ Le blog de Suzanne

Laisser un commentaire