Pour ne plus jamais se dire : "J'ai été con"

Quand on est jeune, on est con, c’est bien connu. On se dit : j’ai été con.ne, c’est normal, c’est l’âge, ça passera. Puis un jour, on entend cette petite phrase dans la bouche de nos aînés et ça fait tilt. L’un regrette amèrement d’avoir méprisé sa santé pour s’adonner à son vice favori, le deuxième regrette d’avoir perdu une personne chère à cause de vieilles querelles, la troisième regrette d’avoir laissé passer une occasion unique de montrer à une quatrième qu’elle était importante… Moi qui croyais qu’on devenait plus sage, plus conscient du temps qui passe en vieillissant, je m’aperçois que ce n’est pas forcément le cas. Alors que faire pour arrêter nos conneries ? D’abord, établir un diagnostic.

Les fois où j’ai été conne

Avant de compter les pailles dans les yeux de mes contemporains, voici une liste loin d’être exhaustive de fois où je me suis dit : « J’ai vraiment été conne sur ce coup-là ! »

  • Le jour où j’ai perdu ma grand-mère. J’ai fait le compte de toutes les questions que je ne lui avais jamais posées ;
  • Le jour où j’ai mis fin à une relation amoureuse qui me pourrissait la vie depuis deux longues années ;
  • Le jour où j’ai compris que j’avais moins de chance que je le pensais et qu’il valait mieux que je mise sur le travail ;
  • Le jour où j’ai compris que j’étais moins solide que je le pensais et qu’il fallait que je fasse encore plus attention à ma petite santé ;
  • Le jour où j’ai compris que je n’avais pas besoin de tout apprendre seule et que des personnes plus informées pouvaient me faire gagner des années ;
  • Le jour où j’ai vu mon premier roman en ligne sur Amazon. J’ai pris conscience du nombre de livres que j’aurais pu écrire si j’avais commencé à m’intéresser à la dramaturgie à 20 ans au lieu de 30 ;
  • Le jour où j’ai eu 40 ans. J’ai réalisé que la vie passait beaucoup plus vite que je le pensais alors qu’il me restait beaucoup de rêves à réaliser ;
  • Etc.

Je vais m’arrêter là car une personne pas conne m’a conseillé un jour d’arrêter de me « tirer une balle dans le pied », mais je pourrais continuer cette liste sur des pages et des pages et des pages…

Mais pourquoi fait-on toutes ces conneries ?!

On pourrait trouver des tas de raisons, généralement pas très glorieuses, mais quatre d’entre elles occupent à mon avis le haut du podium. On agit connement quand :

  • On ne fait pas assez confiance à son cerveau ;
  • On privilégie le court terme au long terme ;
  • On sous-estime son potentiel de courage ;
  • On oublie qu’on est aussi con que les autres.

1 – On ne fait pas assez confiance à son cerveau :

Certains seront sans doute surpris de lire que j’ai manqué de confiance en mes capacités, pourtant je les ai beaucoup sous-estimées. Si quelqu’un m’avait énuméré il y a vingt ans tout ce que je saurais faire aujourd’hui – jouer la comédie, écrire des histoires, les éditer, tenir un blog, gérer ma petite entreprise, vendre mes livres grâce aux dernières technologies – je ne l’aurais sûrement pas cru.

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Et je vois beaucoup de gens, même bien plus jeunes que moi, qui gâchent leur vie par manque de confiance en leur cerveau. Ils arrêtent d’apprendre, d’entreprendre, de s’intéresser aux nouvelles technologies, pensant qu’à 30 ans ils savent tout ce qu’ils ont besoin de savoir pour réussir leur vie. Mauvaise nouvelle : c’est très très faux. Bonne nouvelle : vous pouvez apprendre à peu près tout ce que vous voulez pour peu que vous y consacriez assez de temps. Les capacités du cerveau humain sont hallucinantes !!

D’accord c’est long, ça demande une énergie colossale, mais c’est aussi épanouissant, valorisant et c’est un remède très efficace à notre bêtise naturelle. Alors à chaque fois que vous vous direz, j’ai été con.ne j’aurais dû apprendre plus tôt à faire ci ou ça, cherchez-vous une formation sur internet ou ailleurs et lancez-vous. Je vous promets que vous serez surpris de tout ce que votre cervelle est encore capable d’assimiler !

2 – On privilégie le court terme au long terme :

Si vous y réfléchissez, vous vous rendrez compte comme moi que ce défaut très répandu est à l’origine de beaucoup de conneries en rapport avec notre santé, nos relations amoureuses et même notre réussite.

  • La santé : si je me suis aperçue que mon cerveau recelait des superpouvoirs, j’ai vite compris que mon corps n’était pas celui d’une héroïne de Marvel. Je n’avais pas 30 ans que je commençais à payer le prix de mes imprudences. Et depuis, j’ai vu pas mal de personnes de mon entourage touchées avant 40 ans par diverses maladies plus ou moins graves. Le corps est une petite mécanique fragile qu’il faut bichonner comme une Porsche sous peine de regretter un jour amèrement ses excès. Les conséquences de ces excès, tout le monde les connaît mais la plupart des gens continuent de privilégier le court terme, pensant comme un enfant de 5 ans qu’il ne leur arrivera rien de grave parce qu’ils sont gentils avec tout le monde et ne méritent pas une telle malchance.

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  • Nos relations amoureuses : je n’ai vécu qu’une seule relation de couple stable et sereine, et pourtant je regrette de l’avoir laissée commencer. Je regrette encore plus de l’avoir laissée durer des années. Que de temps perdu pour cet homme et moi à un âge où les rencontres étaient encore faciles ! Quand le présent est agréable, il est tentant de faire l’autruche et de ne pas faire l’effort de se projeter dans l’avenir. Et un jour, on trouve qu’on a agi très connement.

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  • Notre réussite : au cours de mes études puis de ma vie professionnelle, j’ai souvent changé de cap. Chaque fois, c’est arrivé quand je me suis demandé : au fait, ai-je envie de continuer dans cette voie jusqu’à la fin de mes jours ?? Comme la réponse était toujours NON, je passais à autre chose. C’est comme ça que je suis arrivée à la comédie et à l’écriture. Ces deux métier sont précaires et affreusement difficiles, mais je sais que je peux jouer la comédie et écrire des livres jusqu’à la fin de ma vie. Au moins un domaine dans lequel je ne regretterai plus d’avoir été conne !

3 – On sous-estime son potentiel de courage :

Au fond, on se comporte souvent connement par lâcheté. On n’a :

  • Pas le courage de faire souffrir un conjoint en mettant fin à une relation vouée à l’échec : c’est ce que j’ai fait et mon conjoint de l’époque a souffert cent fois plus. Au bout du compte, il aurait sans doute préféré que je sois plus courageuse et que je parte des années avant. 
  • Pas le courage d’entreprendre une activité qui nous éloignerait de notre zone de confort : j’ai arrêté d’avoir cette peur à 30 ans, mais c’était déjà tard. Si vous vous limitez à ce que vous connaissez déjà, ou à ce que vos proches connaissent, vous regretterez peut-être jusqu’à la fin de votre vie de n’avoir pas fait les études qui vous attiraient, de n’avoir pas exercé le métier de vos rêves, ou d’avoir renoncé à un loisir qui vous passionnait.
  • Pas le courage de dire non à son patron, sa famille, ses amis. S’opposer à son employeur ou ses proches peut être coûteux, c’est vrai, mais dire oui à tout le monde pour avoir la paix est usant, très frustrant et engendre de nombreux malentendus. Si vous prenez l’habitude d’être honnête et de refuser ce qui vous déplaît, vous éloignerez les suceurs d’énergie et vous garderez tous ceux qui vous aiment assez pour vous accepter tel.le que vous êtes.

La liste de ce qu’on peut renoncer à faire par lâcheté est désespérément interminable. À titre d’exercice :

  • notez sur un papier tout ce que vous renoncez à faire par lâcheté ;
  • inscrivez à côté ce que ce renoncement vous coûte aujourd’hui et ce qu’il vous coûtera immanquablement à l’avenir ;
  • choisissez un seul point, et bottez-vous le cul pour le résoudre ;
  • quand vous aurez réussi le premier point, passez au suivant. Combattre notre lâcheté congénitale est un travail herculéen. Je suis toujours étonnée de ce que je parviens à obtenir quand je décide de m’atteler à un problème. J’en ai cité quelques-uns dans l’article ci-dessous.

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4 – On oublie qu’on est aussi con que les autres :

C’est fou le nombre de personnes qui se fâchent gravement avec leur famille pour des conneries : malentendus jamais éclaircis, vieilles rancunes qui remontent à des années ou même à l’enfance, prétextes fumeux, jalousies absurdes, bouts d’héritages… Comme si tourmenter les gens qu’on aime avait quelque chose de jouissif. Ce sont pourtant de petits plaisirs qui, mis bout-à-bout, finissent par nous faire perdre l’affection des rares personnes qui tiennent vraiment à nous.

Depuis que j’ai pris conscience de cette tendance des êtres humains à saboter les relations les plus importantes pour eux, j’ai mis en place un truc pour éviter les dérapages. Chaque fois que je sens la colère enfler en moi contre une personne que j’aime, je me demande : est-il vraiment utile de me fâcher avec cette personne pour ce motif ? S’il lui arrivait quelque chose de grave demain, cette querelle aurait-elle toujours un sens ? Soyons honnêtes et rationnels, la réponse est très majoritairement non. Alors arrête les conneries avec tes proches avant qu’il ne soit trop tard. Sinon tu passeras le reste de tes jours à te traiter de pauvre con.ne !

Nous sommes tous cons, et alors ?

Nous sommes tous cons, c’est humain. Nous l’avons été des centaines de fois dans le passé, nous le serons encore. Je suis conne, tu es con.ne. J’agirai connement par moments, toi aussi. Il faudra faire avec.

Si j’ai un reproche important à te faire, je tâcherai de te le faire savoir. Pas pour avoir l’occasion de nous crêper le chignon, mais pour régler le litige et retrouver le plaisir de nous voir. Si tu as des reproches à me faire, examine-les un à un et demande-toi s’ils sont vraiment importants. Si certains le sont, prends ta plume et envoie-moi ton point de vue dans une lettre. Je promets de te répondre.

Et si tu as des reproches importants à faire à d’autres, essaie de faire pareil. Si tout le monde s’y met, nous parviendrons peut-être tous à devenir un peu plus sages et, surtout, un peu plus heureux…

P.S. 1 : avant de faire des reproches à quelqu’un, (re)lisez Comment se faire des amis, de Dale Carnegie. Le chapitre sur l’inutilité des reproches a révolutionné ma façon de communiquer. Bon, parfois il est quand même nécessaire de donner son point de vue. Surtout quand la personne en face n’est pas conne. Sinon inutile de gâcher sa salive…

P.S. 2 : n’hésitez pas à réécrire plusieurs fois votre lettre et à la laisser reposer quelques jours avant de l’envoyer. On n’écrit pas du tout la même chose au bout de la 3version, et c’est toujours plus pertinent.

Sur ce, je vous souhaite de jolies fêtes de fin d’année. Tâchez de protéger vos proches, et de ne pas trop faire les cons. Rendez-vous en 2021 !

 

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