Pour suivre l’actualité des auteurs, ne comptez pas sur les réseaux sociaux !

Pour suivre l'actualité des auteurs, ne comptez pas sur les réseaux sociaux !

Ma présence sur les réseaux sociaux s’est limitée pendant plusieurs années à un profil Facebook que j’alimentais rarement. J’ai revu ma politique quand j’ai autoédité le premier tome de La rousse qui croyait au père Noël sur Amazon en 2014. Mon livre n’étant pas en librairie, il fallait bien en parler quelque part ! J’ai donc créé une page d’auteur sur Facebook et un profil sur Twitter. En 2016, voyant Instagram prendre de l’importance, j’y ai posté mes premières photos.

Depuis, même si je passe moins d’une heure par jour sur tous ces réseaux, le nombre de mes fans, abonnés, followers ne cesse de croître – notamment sur Twitter. Une tendance qui ne se vérifie malheureusement pas sur ce blog. Même si les visites ne cessent d’augmenter depuis 2015, le nombre d’abonnés reste anecdotique.

Malgré tout, quand j’ai sorti le deuxième tome de La rousse l’été dernier, j’étais assez optimiste. Le premier avait été acheté par près de 300 personnes et – entre les blogueurs, copains à qui je l’avais offert, copains des précédents et des acheteurs – lu par 200 de plus. Il avait recueilli des dizaines de chroniques de blogs enthousiastes… Même si tous mes lecteurs du tome 1 ne se ruaient pas sur le tome 2, j’allais bien en récupérer quelques dizaines pour faire démarrer le fameux algorithme d’Amazon !

Pourtant, six mois plus tard et malgré des chroniques de blogs littéraires au moins aussi bonnes, les ventes de La rousse a 29 ans restent inférieures à quelques dizaines d’exemplaires (tous formats confondus). Elles sont même inférieures aux ventes du tome 1 six mois après sa publication alors que j’arrivais à peine sur les réseaux sociaux et étais une auteure totalement inconnue. Alors…

OÙ SONT PASSÉS MES LECTEURS ??!

Lire aussi : Bilan des ventes de “La rousse qui croyait au père Noël”

Promotion : les réseaux sociaux me servent-ils à quelque chose ?

Je ne sais pas si depuis cinq ans les réseaux sociaux m’ont apporté des lecteurs. Des contacts avec des blogueurs littéraires et des collègues autoédités, oui. Ce que je constate en revanche, c’est que plus j’accumule d’abonnés, moins j’obtiens de réactions à mes posts.

  • Le cas de ma page d’auteur sur Facebook (478 abonnés) :

Cette page est suivie par de nombreux blogueurs et personnes que je connais personnellement, c’est-à-dire des gens censés s’intéresser un minimum à mes publications. Les statistiques de Facebook me montrent pourtant qu’une publication qui n’est pas likée rapidement est montrée à une vingtaine de personnes. En moyenne, mes posts de 2018 ont touché 50 personnes. Quant aux statistiques de 2017, elles ont mystérieusement disparu des pages pro. Sans doute pour masquer l’impact du changement d’algorithme survenu en janvier 2018…

Par contre, à chaque post qui commence à susciter de l’engagement, Facebook s’empresse de me proposer de le « booster » c’est-à-dire de payer pour qu’il soit montré à plus de monde. Ce que je ne fais pas car la plupart des auteurs qui ont testé ces publicités l’ont fait à perte. Si vous avez une expérience positive de ces pubs Facebook, n’hésitez pas à l’indiquer en commentaire.

  • Le cas de Twitter (974 followers) :

C’est le réseau sur lequel j’ai fait le plus de rencontres d’auteurs et de blogueurs ; mon nombre d’abonnés a énormément augmenté depuis trois ans. J’y passe plusieurs fois par semaine, je réagis régulièrement aux posts qui m’intéressent, mais le nombre de réactions à mes propres posts (likes, retweets) ne progresse pas voire régresse. Une tendance que je constate aussi chez des auteurs édités : ils ont bien plus de followers que moi et obtiennent très peu de réactions à leurs publications. De plus, celles-ci proviennent majoritairement d’autres auteurs…

  • Le cas d’Instagram (128 abonnés) :

Je me suis inscrite sur Instagram parce que beaucoup de blogueurs littéraires y sont présents. Avoir un profil me permet donc de recevoir une notification chaque fois que quelqu’un poste une chouette photo de mes livres sur ce réseau ou en parle dans une story (en n’oubliant pas de me tagger bien sûr !). De mon côté, je n’y poste que quelques photos faites avec les moyens du bord pour annoncer les sorties et promotions de mes livres. Tous les mois, j’y poste aussi une capture d’écran du visuel de mon nouvel article de blog.

Mais alors que j’ai peu d’abonnés, c’est le réseau sur lequel je constate le plus d’engagement. Par exemple, la présentation de la couverture de La rousse 2 a obtenu 41 likes, ce qui est énorme comparativement au nombre d’abonnés.

Pourquoi tu passes pas plus de temps sur les réseaux sociaux ?

Les pro des réseaux me reprocheront – sans doute à juste titre – de ne rien faire comme il faut pour que ça marche. D’après eux, pour qu’un réseau soit utile à un auteur ou à toute personne qui cherche à vendre quelque chose (c’est le but, ne soyons pas naïfs), il faut poster beaucoup plus que je ne le fais, communiquer souvent avec sa « communauté » pour muscler son engagement, lui faire des cadeaux, bref la bichonner. Et puis il vaut bien mieux se concentrer sur un réseau (deux maximum) plutôt que de s’éparpiller sur plusieurs comme je le fais actuellement.

Tout cela est sûrement vrai, sauf que :

  • Travailler sa communauté demande énormément de temps et d’énergie. Or, étant très occupée à tenter de gagner ma vie et pas très en forme, je n’ai ni l’un ni l’autre.
  • Les réseaux sociaux – Facebook et Instagram notamment – sont de plus en plus envahis de pub. Or, je refuse de donner mon petit temps de cerveau disponible à ces flots de publications sans intérêt.
  • Les discussions intéressantes sont très rares sur les réseaux sociaux, sauf sur quelques groupes Facebook spécialisés.
  • Les relations se limitent souvent à un échange de bons procédés : je te like si tu me likes, je te partage si tu le fais et je te commente idem. Pour être franche, ce système – que Paulo Coelho appelle « La banque des faveurs » dans un de ses livres – me saoule. Quand je m’intéresse au travail de quelqu’un, je le suis ; quand j’aime un post, je le like ; quand j’ai quelque chose à dire, je commente. Sinon, je n’aime, ne like et ne commente pas. Ce qui n’enlève rien à l’affection que je porte à chacun.
  • Last but not least, la popularité des réseaux sociaux évolue en permanence. Exemple : depuis que Facebook torpille les pages pro en vue d’inciter les gens à raquer pour de la pub, je constate que les blogueurs délaissent ce réseau. Dans le meilleur des cas, ils conservent une page pour y diffuser leurs posts en reportant le gros de leur activité sur Twitter ou Instagam. Dans le pire des cas, ils n’ont plus de page Facebook du tout. Et comme Instagram appartient désormais à Facebook – les pubs s’y multiplient comme les pains à Pâques – il est possible qu’un jour ou l’autre, le trafic se reporte sur un nouveau réseau.
  • L’expérience des pro montre que les internautes ne suivent pas forcément les marques quand ils changent de réseau, même si ces marques sont présentes sur le nouveau réseau. Ce qui pour moi est un peu comme si ma famille arrêtait de me parler parce que j’ai déménagé (et vice-versa)… Pourquoi donc consacrer des dizaines d’heures par mois à se construire une communauté qui sera à reconstruire chaque fois qu’un réseau cesse d’être à la mode ou qu’un autre émerge ?? Or, de tels changements risquent de se produire régulièrement à l’avenir. Les statistiques des réseaux sociaux montrent déjà que, même si Facebook est toujours le premier mondial, sa fréquentation se casse la figure depuis deux ans.

Bon, on fait quoi pour suivre l’actualité de nos auteurs préférés ?!

Si vous avez aimé le livre d’un auteur, ne comptez pas sur vos visites en librairie pour être tenu au courant de ses prochaines publications. La grande majorité des livres ne restent que quelques semaines en rayon. Quant aux livres autoédités, sauf exception vous ne les verrez jamais sur les présentoirs des librairies de quartier.

Beaucoup d’auteurs sont présents sur un ou plusieurs réseaux sociaux, mais à moins d’y passer votre vie, qu’eux-mêmes y passent la leur ou soient très populaires, vous aurez du mal à voir passer les posts qui vous intéressent comme les annonces de nouveautés. Les publications de nombreux auteurs que vous appréciez risquent donc de vous échapper.

Ne comptez pas non plus sur les sites de vente pour vous informer des publications des auteurs. Je m’aperçois que non seulement je ne suis pas informée des nouveaux livres des auteurs que j’ai achetés sur telle plateforme, mais celle-ci utilise mes achats précédents pour m’envoyer de la pub sur des livres soi-disant “similaires”…

À ma connaissance, la meilleure façon de suivre l’actualité d’un auteur est encore de s’abonner à la newsletter de son site d’écrivain. Car aucun romancier, aussi distrait et occupé soit-il, ne négligera de prévenir les abonnés de son propre blog de ses publications.

En ce qui me concerne, j’ai créé avant tout ce blog pour garder le contact avec mes lecteurs, leur fournir un endroit où trouver les informations utiles sur mes publications et leur permettre de s’abonner s’ils n’étaient pas très actifs sur les réseaux sociaux. J’espère aussi que ce blog donnera envie aux visiteurs de passage de découvrir mes livres.

Si vous souhaitez être informé de mon actualité, je vous invite donc chaleureusement à vous inscrire à mon blog à l’aide du petit widget en haut de cette page. Et si mon blabla mensuel ne vous intéresse pas, vous pouvez – comme le propose judicieusement l’auteur Jacques Vandroux à ses lecteurs – m’envoyer un petit mail me demandant de vous tenir informé.e de mes prochains livres. J’en profite d’ailleurs pour saluer mes abonnés actuels !

Lire aussi : Mon blog : pourquoi ? comment ? bilan des 3 ans !

Je précise aux blogueurs qui passent sur cet article que je n’utilise pas le mail qu’ils m’ont donné lors d’un service presse pour faire la pub de mes livres, même les nouveaux. S’ils ont envie d’être tenus au courant de mes publications par mail, qu’ils n’hésitent surtout pas à me le préciser !

Lire aussi : Autoédition : les services presse aident-ils à vendre plus de livres ?

Créons le hashtag #suistonauteur !

Pour de multiples raisons, les auteurs français ont de plus en plus de mal à vivre de leur plume, comme vous le verrez en suivant sur Twitter #paietonauteur ainsi que les publications de la Ligue des auteurs professionnels. Ces problèmes de rémunération sont aggravés par une offre pléthorique qui gave le lecteur de bestsellers, nouveautés et séries interminables de piètre qualité. Au milieu de cette cacophonie littéraire, j’ai moi-même du mal à me rappeler les noms des auteurs qui m’ont plu, sans parler des titres de leurs livres. Et même si je suis abonnée à certains de ces auteurs sur un réseau ou un autre, je rate régulièrement des annonces de parutions. Ce qui n’arrive jamais avec les auteurs dont je reçois la newsletter.

Pour éviter de perdre les lecteurs qui ont aimé notre travail et ne demandent pas mieux que d’acheter nos prochains livres, je propose aux auteurs de poster l’adresse de leur site, blog ou newsletter sur Twitter, Facebook ou autre avec le hashtag #suistonauteur. En rassemblant les adresses de nos sites personnels sur des pages dédiées, j’espère que nous aiderons les passionnés de lecture à trouver nos livres et soutenir notre travail. Si chaque auteur s’abstient de polluer ce tag avec de la pub…

Si nous parvenons à fidéliser notre public via notre newsletter, nous gagnerons une forme d’indépendance vis-à-vis des intermédiaires (éditeurs, diffuseurs, distributeurs) qui nous tondent la laine sur le dos. Et si les auteurs se pointent chez les éditeurs avec des listes d’abonnés de plusieurs centaines ou milliers de personnes, nul doute que les termes des contrats évolueront dans un sens plus favorable à leurs intérêts.

Vous terminez cet article en vous disant que ma présence sur les réseaux sociaux n’est pas assez significative pour tirer des conclusions sur ce sujet ? Je vous suggère alors fortement de lire cet article du Blog du modérateur : Les 4 chevaliers de l’apocalypse du webmarketing.

Sondage !

Pour aider les auteurs à savoir comment vous informer au mieux de leur actualité, merci de répondre à ce petit sondage avant de partir. Le résultat actualisé s’affichera dès que vous aurez validé votre réponse.

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2 Commentaires

  1. Suzanne LP sera ravie d’entrer de nouveau dans le monde de Suzanne M au travers d’autres livres. Juste une remarque : J’ai trouvé le 2ième un tout petit peu long et pourtant j’aime le rythme bien relevé, je souris beaucoup, je crois fort au personnage, j’y retrouve certaines de mes expressions et visions essentielles. Je te remercie 🙂 Suzanne. .

    • Merci de ce petit commentaire sympathique chère lectrice homonyme et merci de suivre mon blog ! J’espère que mon prochain livre te plaira. Ce ne sera pas le tome 3 de “La rousse”, même si je m’y attellerai bien sûr un jour ! Amitiés, Suzanne

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