Ce que j’ai gagné dans la course aux rêves

ce-que-j-ai-gagné-dans-la-course-aux-rêvesSi vous avez manqué le début : Les rêves n’ont pas de prix, mais ils ont un coût…

Pourquoi m’être obstinée dans cette vie précaire et solitaire dont je n’aurais jamais voulu entendre parler quelques années auparavant ? J’avoue qu’il m’arrive de me le demander.

Voyons voir…

Ma vie de château

Il est vrai que je ne mène pas la vie de château. Pourtant, depuis que je travaille dans le cinoche, je n’ai jamais fréquenté tant de palais. Ma garde-robe personnelle est loin d’être luxueuse, au mieux à la mode de 2005, mais je n’ai jamais porté tant de robes de princesse.

Moi qui suis plutôt adepte du jean et des baskets – hors cas de force majeure – j’ai découvert le plaisir des belles toilettes, des robes à froufrous, faux-culs et paniers, des décolletés avantageux sublimés par les corsets, des coiffures sophistiquées.

Ma vie d’aventurière

J’ai vécu des aventures dont je n’aurais jamais osé rêver : j’ai assisté au réveil du Roi-Soleil dans sa chambre à Versailles, croisé Nicolas Le Floch dans la galerie des Glaces, assisté au premier défilé d’Yves Saint Laurent et aux tournois équestres du roi Arthur. J’ai bu un verre non loin de Simone de Beauvoir, apporté des fleurs à Françoise Sagan après son accident de voiture, défendu Paris sur les barricades à la Libération, etc. Et j’espère en vivre encore beaucoup d’autres.

Le réveil de la muse

Entre deux voyages dans le temps, je me suis attelée à un rêve beaucoup plus ancien : écrire un roman. Comme aucun éditeur n’en voulait, je l’ai mis dans un tiroir et suis passée à un format beaucoup plus modeste : le court-métrage. Je me suis vite aperçue qu’écrire un film – même court – était presque aussi complexe qu’écrire un livre.

À force d’étudier les subtilités de l’écriture de scénario, par un détour que je ne saurais expliquer, ma muse s’est réveillée le 31 décembre 2007 et m’a chuchoté à l’oreille le premier chapitre d’un nouveau roman. Comme elle n’est pas très bavarde, je ne l’ai achevé que 4 ans et demi plus tard.

Les éditeurs n’en voulaient toujours pas, aussi ai-je décidé fin 2013 de me lancer dans une nouvelle aventure : l’autoédition. Le 1er octobre 2014, « La rousse qui croyait au père Noël » est entré dans le monde des librairies virtuelles à côté des romans de mes illustres collègues édités.

Au cours de ses visites, souvent nocturnes, ma muse m’a soufflé quelques idées de films courts et longs. J’ai quatre projets de courts-métrages bien avancés – sur lesquels je travaille depuis trois ans – que je compte réaliser. Ils font entre 15 et 30 mn ; je les ai intitulés « Le bon numéro », « Love Pizza », « La police des consciences » et « L’école des anges ».

Ma (future) vie de réalisatrice

Quelle est la prochaine étape ? Pour bien faire, il faudrait que je trouve un producteur. C’est à lui de calculer le budget du film, monter les dossiers de demande de financement, gérer le budget obtenu, proposer le film en festivals, collecter et gérer les droits éventuels, etc. Autant dire que je n’ai aucune envie de me charger de toutes ces tâches essentiellement administratives.

Néanmoins si mes projets n’intéressent pas plus les producteurs que les éditeurs, je n’exclus pas de créer ma boîte de prod. À toutes fins utiles, j’ai fait un stage d’introduction à la production l’année dernière. Car mon prochain rêve, c’est de voir un de mes films sur grand écran. Et j’espère que vous viendrez à la projection.

Mais au-delà des châteaux, des belles robes, des rôles, du livre, du blog et des films, le plus important c’est que j’ai le sentiment d’être sur le bon chemin. Il est étroit, long – très long – et escarpé mais c’est le mien.

Quoi qu’il arrive désormais, j’aurai tout tenté pour mener une vie de rêve. Sans doute pas celle que j’imaginais adolescente. Mais depuis 15 ans, je n’ai pas de regret et encore moins de remords. Mes rêves m’ont coûté cher à tous points de vue, ce qui a beaucoup inquiété ma famille, mais pour moi ils n’avaient pas de prix.

 

Articles sur le même thème : Pourquoi je crois au père Noël !

3 Commentaires

  1. Retour PingLes rêves n'ont pas de prix, mais ils ont un coût... — Le blog de Suzanne

  2. DEGRYSE SYLVIE

    Ta pertinence au sujet du cinoche m’a ouvert les yeux eh oui je n’avais jamais vu les choses comme tu les décris et j’ai été ravie de voir que j’ai vécu des histoires similaires aux tiennes, on se sent privilégiée d’avoir eu accès à tant de lieux insolites généralement fermés au public, de se transposer dans des époques où on n’était pas encore née, mieux qu’une séance d’hypnose je vous le garantie, des décors recréés en jouant des situations historiques, le kif ! et comme tu dis ça a un prix mais au moins tes rêves t’appartiennent et t’emmènent toujours plus loin. La période de vache maigre finira bien par se tasser et faire place à la reconnaissance de tes multiples talents chère Suzanne 🙂

Laisser un commentaire