Bilan des ventes de « La rousse qui croyait au père Noël » !

Le blog de Suzanne : "Bilan des ventes de La rousse qui croyait au père Noël"

J’ai du mal à le croire, mais voilà déjà trois ans que je me suis lancée dans l’autoédition : que d’aventures depuis ! Comme plusieurs de mes collègues auteurs indépendants, j’ai décidé de vous montrer l’envers du décor en faisant un bilan de la publication du premier tome de mon premier roman « La rousse qui croyait au père Noël ».

Les trois versions de « La rousse »

Pour commencer, sachez que la publication de « La rousse qui croyait au père Noël » s’est faite en trois temps :

1 – en février 2014, j’ai publié une première version qui portait le titre imprudent – mais international 🙂  – de « Sexy Comedy ». Craignant que cette histoire ne plaise à personne, j’ai remplacé le nom de l’auteur par celui du personnage – Flamme : ce n’était pas une bonne idée…

Après une tentative décevante de couverture par une jeune graphiste de Fiverr située à l’autre bout du monde, j’ai décidé de me lancer moi-même sur Photoshop. La simplicité de cette couverture reflète les connaissances que j’ai pu acquérir sur le logiciel en quelques semaines.

J’ai fixé le prix de vente de l’ebook à 3,99 euros et celui du format broché à 8,99 euros.

Je n’ai pas hésité à offrir largement cette première version. Les retours des quelques lecteurs m’ont montré que l’histoire plaisait, mais pas la couverture. J’en profite pour remercier à nouveau MissChocorêve et Sissi de Beauregard, les premières blogueuses qui ont eu la curiosité de lire cette version anonyme.

Quant au titre « Sexy Comedy », je ne m’attendais pas à le voir sortir sur Google au milieu de références érotiques bien éloignées de son contenu humoristico-romantique. Au bout de cinq mois, j’ai compris que mon bébé de papier avait raté son entrée dans le monde. Alors je l’ai dépublié pour repartir sur de meilleures bases.

2 – dès octobre 2014 j’ai publié sur Amazon et Smashwords une version mise à jour du texte intitulée « La rousse qui croyait au père Noël ». Ce titre me paraissait en effet plus cohérent avec la signification l’histoire et l’humour décalé du roman. J’ai aussi décidé d’assumer la paternité de mon œuvre, l’anonymat rendant trop difficile le contact avec les lecteurs et les blogueurs.

Comme j’étais mieux renseignée sur les pratiques spécifiques de l’autoédition, j’ai baissé le prix de l’ebook à 2,99 euros. C’est le prix maximum (fortement) conseillé d’un premier roman autoédité sur Amazon. Par contre j’ai maintenu le prix du format broché à 8,99 euros, car je l’avais fixé volontairement bas dès la première version.

Malheureusement, la couverture pourtant très élaborée – je m’améliorais sur Photoshop – ne plaisait toujours pas : personne ne comprenait le rapport avec le titre du roman. Comme les retours sur le texte étaient toujours bons, je n’ai pas lâché l’affaire. Pendant l’été 2015, je me suis mise en quête d’une nouvelle photo de couverture.

3 – en septembre 2015, j’ai sorti une troisième édition. Cette fois-ci, j’ai pris le temps de demander l’avis de quelques blogueuses sur la couverture. Les retours étant très positifs, j’ai conservé par la suite la photo de la rousse sur son toit, la complétant au fil des mois jusqu’à obtenir la version actuelle. Les ventes sur les autres librairies en ligne étant quasi-nulles et Amazon mettant en avant les auteurs leur donnant l’exclusivité, j’ai publié cette dernière version uniquement sur Amazon. J’ai laissé les prix de vente à 2,99 et 8,99 euros car ils paraissaient bien ciblés.

D’accord, mais t’en as vendus combien ??

J’étais tellement déprimée par l’échec de la version « Sexy Comedy » et les résultats décevants de l’édition 2014 de « La rousse qui croyait au père Noël », que je n’ai pas pris la peine de recenser les ventes numériques obtenues sur Kobo et iBooks (via Smashwords). Je sais quand même qu’elles n’ont pas dépassé 10 exemplaires. Les formats brochés ont tous été distribués par Amazon et leurs partenaires, via leur filiale d’impression à la demande CreateSpace, donc les chiffres sont précis.

Ventes de Sexy Comedy, sorti en février 2014 :

– ebook : 0 sur Amazon

– exemplaires brochés : 10 (un grand merci à ma famille !)

Ventes de La rousse qui croyait au père Noël, édition octobre 2014 :

– ebooks : 21

– exemplaires brochés : 19

Ventes de La rousse qui croyait au père Noël, édition septembre 2015 (au 30/09/2016) :

– ebooks : 75

– pages lues (abonnement Kindle) : 7685 (ce qui représente environ 62 exemplaires)

– exemplaires brochés : 19

Total des ventes sur les trois éditions :

– ebooks : 96

– abonnement Kindle : 62

– exemplaires brochés : 48

Ceci fait un total de 206 exemplaires.

Les personnes qui ne connaissent pas l’autoédition trouveront sans doute que ces résultats sont bien modestes. Pourtant, pour un premier roman autoédité, ils sont loin d’être ridicules. La plupart des premiers romans autoédités ont beaucoup de mal à dépasser les 50 ventes, qui correspondent plus ou moins aux achats de l’entourage.

Mais combien t’as gagné au final ?

Est-ce que ce premier roman m’a rapporté de l’argent jusqu’à présent ? La réponse est non, loin de là. Même si j’ai corrigé moi-même le texte, conçu les couvertures ainsi que les maquettes ebooks et brochées, j’ai dépensé plus que je n’ai gagné. Les principaux frais viennent :

– des photos de couverture, que j’utilise aussi sur mon blog et les réseaux sociaux. Ce n’est pas ce qui coûte le plus cher ;

– des envois, aux blogs littéraires, d’exemplaires brochés dédicacés dans le cadre de partenariats de lecture. Ces partenariats sont à mon avis indispensables pour se faire connaître. Ils représentent néanmoins un budget important car il faut ajouter les frais d’envoi au coût de l’exemplaire lui-même. Certains blogs acceptent les partenariats ebooks, mais j’ai renoncé à en proposer car les délais de lecture sont souvent bien plus longs.

Bon, et il sort quand le prochain tome ?

Quand j’ai publié la toute première version de mon roman, je n’ai pas mentionné la possibilité d’une suite. Si cette histoire avait fait un bide total, je sais que je n’aurais jamais eu la volonté de continuer l’aventure. Mais depuis on m’a souvent demandé quand sortirait la suite, ce qui me touche toujours énormément. En 2016, comme promis en début d’année, je me suis attelée à ce chantier. Si les augures sont favorables, le deuxième tome de « La rousse qui croyait au père Noël » sortira… roulements de tambours… courant 2017 !!!

T’es sûre que ça vaut le coup de continuer… ?

Je ne me pose même pas la question. Quand j’ai publié la première version de mon roman, j’ai joyeusement cumulé toutes les erreurs de l’auteur indé débutant : pas la bonne couv, pas le bon titre, roman anonyme, présence quasi-nulle sur les réseaux sociaux, mauvaise connaissance de l’autoédition, aucune connaissance des blogs littéraires et des forums de lecture, etc. En trois années j’ai beaucoup appris grâce aux nombreux auteurs indépendants qui partagent leur expérience, leurs réussites mais aussi leurs échecs sur leur blog et les réseaux sociaux. S’ils passent sur cet article : un grand merci à tous !

L’autoédition bénéficie aussi, notamment depuis le printemps 2016, du soutien de nombreux lecteurs et blogs littéraires. Ces lectrices, lecteurs, blogueuses et blogueurs, bravant les a priori attachés à l’autoédition, se sont autoproclamés découvreurs de talents et pépites autoéditées en tous genres. Ils affichent sans complexe leur attachement aux romans indépendants, les chroniquent avec enthousiasme et bienveillance, n’oubliant jamais qu’un auteur indé bénéficie de peu d’aide et souvent peu de moyens pour porter ses histoires à la connaissance du public.

Oui mais, concrètement, ça t’apporte quoi ?

L’autoédition m’a beaucoup apporté depuis trois ans malgré les galères des deux premières éditions. Je trouve grisant de n’avoir besoin de personne pour publier un texte, de le présenter comme je veux, de choisir son prix et ses canaux de vente, de constater le résultat bon ou mauvais de chacune de mes initiatives. J’ai rencontré sur les réseaux sociaux de nombreux auteurs, lecteurs et blogueurs situés en France ou à l’autre bout du monde. J’éprouve un grand plaisir à suivre le travail des uns, à participer à diverses opérations des autres. En bref, je m’éclate comme une malade ! J’espère aussi qu’avec le temps mes histoires toucheront un nombre croissant de lecteurs.

Affaire à suivre !

Quelques pistes pour en savoir plus sur l’autoédition :

Le mag des indés

Le blog de Jacques Vandroux

Le blog de Cyril Godefroy

Des livres et moi : « #JeudiAutoEdition !!! »

L’évasion littéraire : « Je lis des autoédités »

Articles similaires :

Sur le blog de l’auteur Kylie Riviera : « Combien de livres as-tu vendus jusqu’ici ? »

Sur le blog de l’auteur Jacques Vandroux : « Un cap important franchi : 100 000 livres vendus en autoédition »

13 Commentaires

  1. Retour PingJ'écris donc je suis... mais qui ? — Le blog de Suzanne

  2. Retour PingGlander nuit gravement à votre avenir — Le blog de Suzanne

  3. Retour Ping"C'est moi La rousse !" — Le blog de Suzanne

  4. Hello, Suzanne, j’avais été très emballée par l’histoire de ta rousse, j’attends la suite avec impatience ! Tu retrouveras mon com’ enthousiaste sur Amazon (S.G.) 🙂 Sans vouloir te passer de la pommade, tu as beaucoup de talent alors, ce serait vraiment dommage de ne pas nous en faire profiter davantage. Au plaisir de te lire très bientôt !

    • Merci de ton soutien Sandra, ça me fait particulièrement plaisir que « La rousse » t’ait plu 🙂 Et merci d’avoir pris le temps de poster ce sympathique commentaire sur Amazon !

  5. Retour PingLes Chroniques d’Eyridian – Retour | Lil'art

  6. Ah Suzane, il faut bien commencer quelque part et on passe tous par là. Félicitations donc pour cette persévérance. Comme le dit Cyril, il faut continuer et continuer à perséverer… Bon courage et merci pour ce retour d’expérience et la mention du Mag des Indés dans lequel ton billet figure déjà. 😉

    • Merci Chris pour ton commentaire, qui me touche. Je consulte régulièrement les articles du Mag des Indés. Ils m’ont été très utiles pour avancer dans mon parcours d’auteur indé et je suis heureuse de pouvoir apporter ma contribution cette année !

  7. Un élément important dans l’autoédition, et d’écrire plusieurs livres. Je pense qu’aujourd’hui, il est important de passer au second roman, et de préparer le troisième, toujours dans le même genre, pour fidéliser les lecteurs/lectrices. Il est fréquent que le troisième soit celui de l’explosion de la notoriété.

    Bon réflexe de garder l’exclu avec KDP Select. Je la conserverai, même si perso, je suis contre l’exclu : c’est un puissant moyen d’avoir plus de visibilité, plus d’opportunités, et sortir de l’anonymat. Une fois cet anonymat brisé, on peut publier large.

    Il y a une multitude de choses à apprendre quand on s’autoédite, donc il faut persévérer. Mais que c’est gratifiant !

    • Merci de votre commentaire Cyril, votre blog et vos podcasts sur les auteurs autoédités sont des mines d’information. A bientôt, Suzanne

    • Arffff, mob troisième est celui que je vends le moins 🙁

      • mon 3e !
        Je pensais que mon com serait sous la réponse de Cyril ! Suzanne, j’ai lu ton livre, en numérique et j’en suis ravie. le côté, envoi en papier plus rapide, ben c’est pas forcé. J’ai fait l’effort de l’envoyer à une blogueuse au format papier en mai, ben toujours aucune nouvelle, alors que les formats numériques sont allés plus vite (enfin, pour la plupart, il y en a une qui l’a depuis plus d’un an !) Je trouve que tu te débrouilles bien, difficile de me comparer, car j’en suis à trois romans et deux recueils de poèmes).

        • Ton commentaire est bien sous la réponse de Cyril, Séverine ! Concernant les partenariats, je n’hésite pas à relancer les blogs si le délai excède 2 à 3 mois. En principe le délai annoncé par les blogueurs/euses est d’un mois, sauf indication contraire. Bonne chance pour tes écrits, surtout le troisième roman ! 🙂

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